Thomas se lance dans l’entrepreneuriat

Cette histoire est servie avec de vrais morceaux de réalité et une once de mise en scène.

Thomas est entrepreneur. Il vient de finir ses études de gestion (on est en juin 2017) et veut se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Quoi de mieux, à une époque où il a tout à gagner ?

Thomas est idéaliste. Il veut rendre l’alimentation saine plus facile à organiser.

Son idée ? Elle vient d’une frustration qu’il ressent auprès nombre de ses proches : il peut être complexe d’avoir des fruits de qualité à un prix correct sans devoir se rendre dans des magasins spécialisés. Il veut donc organiser un service de livraison à domicile de fruits bio et locaux.

Thomas est organisé et appliqué. Son idée, il a travaillé dessus pendant ses études. Il a fait des études de marché, des plans financiers, il a quelques contacts dans les banques, il connaît des investisseurs et il a été voir des fournisseurs de fruits et légumes locaux et bio. Il a même négocié les prix. Un entrepôt, il l’a trouvé. Des livreurs ? Il les a trouvés.

Thomas est appliqué. Sa plateforme ? Il a déjà un nom, des idées de logo, et il a demandé plusieurs devis pour le développement. Les prix varient entre 50 000 et 120 000€. Thomas a de la chance, ses parents pourront lui prêter la somme nécessaire pour le développement.

Thomas est amoureux de son idée.

Thomas est un entrepreneur comme beaucoup d’autres.

Et pourtant, Thomas se trompe.

Thomas bosse et peaufine son idée pendant six mois. Il veut éviter de dépenser de l’argent en développement inutile. Il multiplie les réunions avec ses amis, il descend dans la rue voir le plus de gens possible. La réponse est unanime : son idée est géniale. Les gens veulent du bio, ils veulent du local, ils veulent des fruits et légumes. A quel prix ? Les réponses varient, mais une chose est sûre : le plan financier est respecté.

C’est parti.

Thomas a de la chance, ses parents acceptent toujours de lui prêter la somme nécessaire au développement. Il faut qu’il puisse suivre ses rêves.

Thomas n’est pas développeur et il choisit une agence digitale qui a fait l’application de la société d’un ami de ses parents.

Sept mois plus tard, Thomas se connecte sur sa plateforme. Elle semble parfaite. Toutes les fonctionnalités y sont. Juste ce qu’il avait demandé. Il a enfin son MVP.

Ses dernières réserves financières, il les utilise en pubs Facebook. Il a décidé de cibler sa ville, Namur.

Il est temps de devenir le maître du monde.

Et pourtant, Thomas se trompe une fois de plus.

Arrivé dans la réalité du business, Thomas est confronté aux clients.

Il se rend compte que tout le monde n’a pas visa ou paypal. Que le paiement de main à main est nécessaire pour certains clients, proscrit pour d’autres.

Il se rend compte que les gens ne sont pas intéressés par le local ou le bio, mais par la livraison de fruits mûrs, prêts à être consommés. D’autres segments de la clientèle ont un besoin différent.

Chez les plus âgés, on veut du bio et du local, mais on n’est pas prêt à payer pour la livraison.

Chez les jeunes, le message du local passe bien, mais le bio, c’est has been.

Cette fonctionnalité dont il pensait faire l’économie ? Elle est primordiale pour ses clients. Cette autre fonctionnalité qu’il pensait vitale ? Elle n’est pas utilisée.

Thomas doit donc pivoter. Adapter sa plateforme. Dépenser des dizaines de milliers d’€ pour avoir un product market fit.

Sauf que… Ca fait 13 mois que Thomas travaille sur son idée.

Épuisée, l’enveloppe que ses parents lui avaient donné.

Épuisé, Thomas d’avoir porté son idée seul, sans équipe à ses côtés. Les investisseurs contactés demandent une validation du marché. Il n’a pas eu le temps.

Épuisé le rêve entrepreneurial de ce diplômé de gestion.

Thomas est un entrepreneur comme tant d’autres. Il a échoué. L’échec lui a pris 13 mois de travail et 70 000€. Une partie de sa vie sociale aussi. Mais il a appris.

Aurait-il pu avoir les mêmes résultats en moins de temps et d’argent ?

Probablement. Dans une optique entrepreneuriale, il aurait pu se dire qu’un MVP, c’est has been. Que l’important, c’est de suivre Neil Patel et d’aller vite sur le marché. Aurait-il pu le faire sans plateforme ? Et pourquoi pas ?

Rêvons un peu.

Thomas est un entrepreneur prudent. Il vient de finir ses études de gestion (on est en juin 2017) et veut se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Il sait que chaque sou est compté. Thomas a une affinité avec l’information et se forme donc à HTML, à CSS, au design… Il crée un logo qui fera le job. Il évite un investissement au retour incertain.

Il apprend comment faire de l’A/B testing. Photoshop et Canva n’ont plus de secret pour lui. Les pubs Facebook et AdEspresso, il gère. Après quatre mois de formation, il est prêt.

Thomas veut réduire les risques. Il crée un site minimaliste et il traque le comportement des visiteurs. Sur son site, on envoie sa commande et on sélectionne un mode de livraison. Le fonctionnement est minimal, mais ça fait le job : ça crée de la valeur pour les clients.

Avec quelques dizaines d’€ de pubs Facebook ciblées sur les 20–35 ans de Namur, il a ses premières commandes pour des pommes locales et mûres. Un mail lui est envoyé et il gère tout de sa chambre. Pour les paiements, il a installé un plug-in sur WordPress.

La commande arrive. Il saute dans sa voiture et part acheter les pommes au magasin bio du coin. Il choisit les fruits et les livre directement chez le client.

Grâce à ça, il joue tous les rôles : gestionnaire des commandes, acheteur, livreur.

Grâce à l’A/B testing, il comprend quelles pubs attirent les clients et vérifie quelles fonctionnalités sont vraiment utilisées par ses clients.

Grâce à ça, Thomas peaufine un vrai MVP. Il crée de la valeur et génère des revenus.

Est-ce scalable ? Non. Est-ce rentable ? Pas vraiment. Y a-t-il une demande ? Oui, mais pas pour le service qu’il imaginait à l’origine.

Résultat : Thomas a passé 7 mois à se former et conduire les tests. Pour quelques centaines d’€, il a atteint son product market fit.

Rêvons encore un peu.

Thomas est entrepreneur. Il vient de finir ses études de gestion (on est en juin 2017) et veut se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Il s’est rendu au VentureLab et Luc Pire lui a conseillé de faire un TESTIT pour valider rapidement son marché.

Pendant deux mois, l’équipe TESTIT conduit tous les tests qu’il aurait fait lui-même si il s’était formé pendant des mois.

Résultat : Thomas a pivoté avant de développer une ligne de code et il a dépensé 4000€ pour valider son marché.

En mars 2018, il aura son application et pourra devenir le prochain Mark Z.

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